Pourtant, au fil de mes échanges avec les acteurs du secteur, j’ai le sentiment qu’une question essentielle reste encore peu abordée :
Que devient la donnée une fois collectée ?
Derrière cette question se cachent notamment différentes architectures de connectivité, souvent désignées par les acronymes RCU ou TCU.
Mais avant de parler technologie, il est sans doute plus utile de se demander ce que l’on souhaite faire de la donnée.
Car aujourd’hui, deux remorques peuvent être parfaitement conformes à la réglementation tout en offrant des possibilités très différentes en matière d’exploitation.
Et cette différence pourrait devenir de plus en plus stratégique dans les années à venir.
Le TPMS n’est plus seulement un sujet réglementaire
Pendant longtemps, la question pouvait se résumer assez simplement :
Comment être conforme ?
Aujourd’hui, le sujet évolue.
Les informations collectées par les capteurs peuvent désormais alimenter différents usages :
Information du conducteur
Maintenance préventive
Gestion du parc
Analyse de performance
Réduction des immobilisations
La valeur n’est donc plus uniquement dans le capteur.
Elle est également dans l’exploitation de la donnée.
Deux approches possibles
Dans certains cas, la donnée est principalement utilisée pour informer le conducteur via le tracteur.
La fonction recherchée est alors avant tout réglementaire et opérationnelle.
Dans d’autres cas, cette même donnée peut également être transmise vers des plateformes externes afin d’être exploitée par l’entreprise.
L’information devient alors accessible à différents acteurs :
Responsable parc
Atelier
Exploitation
Direction technique
Le capteur est identique.
La donnée collectée est identique.
Mais les usages possibles deviennent très différents.
La vraie question n’est pas la technologie
Lorsque l’on parle TPMS, les discussions se concentrent souvent sur les équipements.
Pourtant, je pense que la véritable question est ailleurs.
Que souhaite faire l’entreprise de cette information ?
A-t-elle simplement besoin d’alerter le conducteur ?
Souhaite-t-elle également anticiper certaines opérations de maintenance ?
Veut-elle disposer d’une vision globale de son parc ?
Les réponses à ces questions orientent souvent le choix de l’architecture la plus adaptée.
Une réflexion qui concerne l’avenir du parc
Les décisions prises aujourd’hui accompagneront parfois les entreprises pendant plusieurs années.
C’est pourquoi il peut être utile de prendre du recul avant de considérer uniquement le coût ou la conformité immédiate.
Les questions à se poser pourraient être :
Quels usages imaginons-nous dans trois ans ?
Quelles données souhaiterons-nous exploiter demain ?
Qui devra accéder à ces informations ?
Comment garantir la cohérence du parc dans le temps ?
De la collecte à la décision
La donnée n’a de valeur que lorsqu’elle permet d’agir.
Une pression anormale détectée au bon moment peut éviter une panne.
Une analyse globale du parc peut faciliter certaines décisions de maintenance.
Une remontée d’information pertinente peut améliorer l’exploitation.
Finalement, le véritable enjeu n’est pas de collecter davantage de données.
Le véritable enjeu est de transformer ces données en décisions utiles.
Conclusion
À mesure que les remorques deviennent plus connectées, le débat ne porte plus uniquement sur les équipements installés.
Il porte également sur la circulation de l’information et les usages qui en découlent.
La question n’est donc plus seulement :
“Comment collecter la donnée ?”
Mais plutôt :
“Comment voulons-nous l’utiliser ?”
Car dans un environnement de plus en plus connecté, la valeur se trouve rarement dans la donnée elle-même.
Elle se trouve dans les décisions qu’elle permet de prendre